Qu’est-ce que l’alcoolisme ? 

L’alcoolisme, aussi appelé « alcoolodépendance » par les spécialistes, est une maladie d’ordre neuropsychologique et comportemental qui témoigne d’une addiction à l’alcool. Selon l’OMS, l’alcoolodépendance est établie dès lors que la consommation d’alcool devient prioritaire par rapport aux autres besoins de la personne. Le désir de boire n’est plus contrôlé et devient une obsession. La quantité augmente toujours plus, car au fur et à mesure, la personne développe une tolérance. Une consommation excessive ou à risques ne signifie pas forcément « addiction ». Effectivement, l’alcoolisme n’est pas lié à un rythme de consommation, mais plutôt au fait de ne pas pouvoir s’abstenir de boire de façon régulière.

Santé Publique France préconise les repères de consommation suivants :

  • ne pas consommer plus de dix verres standard par semaine
  • ne pas consommer plus de deux verres par jour
  • avoir des jours sans consommation dans une semaine

L’alcoolisme en France

La consommation d’alcool fait partie intégrante de la culture des Français. Ces derniers sont réputés pour êtres des grands consommateurs et cela s’est avéré avec une étude de Global Drug Survey de décembre 2021 qui révèle que les Français boivent de l’alcool 132 jours dans l’année, alors que la moyenne de tous les pays interrogés est de 101 jours. Le baromètre santé de Santé Publique France révèle également que les Français ont tendance à dépasser les repères de consommation fixés à 10 verres maximum par semaine, 2 verres par jour et pas tous les jours. En effet, en 2020, 23,7% de la population âgée de 18 à 75 ans dépassait les repères de consommation d’alcool. Ces consommations à risque étaient davantage le cas chez les hommes (33,2% d’entre eux) que chez les femmes (14,7%).

Ainsi, chaque année, 1,5 à 2 millions de Français seraient alcoolodépendants et 2,5 millions auraient une consommation d’alcool à risque. Si l’on compare, l’addiction à l’alcool est plus souvent présente chez les hommes : 14% contre 5% de femmes. L’alcool tue environ 45 000 personnes par an dont la moitié est due à l’addiction.

Les boissons alcoolisées les plus consommées sont le vin (39%), la bière (21%) et les spiritueux (16%).

Quelles sont les causes de l’alcoolisme ?

Les facteurs de risques liés à l’alcoolisme sont multiples. Les plus avérés sont les problèmes de santé psychiques telle que l’anxiété, la dépression, les troubles bipolaires, la schizophrénie, les troubles de la personnalité. Des situations interpersonnelles peuvent aussi en être la cause comme un conflit, la timidité, et le besoin de s’apparenter à un groupe. Certaines émotions durables peuvent causer une addiction à la consommation d’alcool comme que la tristesse, le stress, l’ennui ou la culpabilité.

Une consommation d’alcool précoce chez les adolescents peut aussi engendrer une alcoolodépendance à l’âge adulte. En effet, le cerveau d’un adolescent étant en maturation jusqu’à l’âge de 25 ans, celui-ci gardera en mémoire les effets narcotiques que l’alcool lui aura procurés durant sa phase de développement.

Enfin, le patrimoine génétique est aussi mis en cause sans que la science n’est encore trouvé d’explications.

Conséquences de l’alcoolisme

Une consommation d’alcool élevée et régulière présentent de nombreux risques. Dans un premier temps, les risques de développer des maladies telles qu’une cirrhose du foie, une pancréatite, une hépatite alcoolique, des maladies cardio-vasculaires et des cancers. L’alcoolisme provoque également des effets sur la santé mentale et cause de divers troubles psychiatriques (trouble de la personnalité, anxiété, schizophrénie, etc.). Pour finir, l’addiction à l’alcool peut causer par ailleurs des problèmes sociaux avec de graves conséquences comme les accidents de la route, les excès de violence et violence conjugale, l’isolement, etc.

Lorsque l’alcoolisme est présent chez la femme enceinte, le fœtus présente un risque très élevé de développer le Syndrome de l’Alcoolisme Fœtal qui pourra lui porter atteinte toute sa vie : trouble de développement, d’apprentissage, du comportement et d’aptitudes sociales.

Comment traiter l’alcoolisme ?

L’objectif principal du traitement de l’alcoolisme ne va pas être de stopper brutalement la consommation, au risque de provoquer des symptômes de manque tels que des tremblements, des vertiges, des sueurs, etc. Le traitement se fait petit à petit, en diminuant la consommation progressivement : c’est ce que l’on appelle le sevrage. Pendant cette phase, le patient suivi de son médecin peut se voir prescrire des anxiolytiques et des vitamines (B1 et B6). Il peut également être accompagné par un psychologue et/ou un spécialiste en alcoologie et participer à des réunions de groupes d’entraide comme les Alcooliques Anonymes.

Souvent, les personnes qui souhaitent suivre un traitement contre l’alcoolodépendance sont celles qui ont subit un événement lié à l’ivresse et dont les conséquences sont néfastes : accident de voiture, arrestation, violence, etc. Le souhait d’être traité peut provenir d’une décision personnelle, ou avoir été suggérée par les proches de la personne. Le médecin traitant peut aussi déceler l’alcoolisme chez son patient et lui proposer de l’accompagner.

Comme évoqué, le but principal du traitement ne va pas être le sevrage complet immédiat. Les médecins préconisent de réduire petit à petit la consommation à un niveau inférieur à celui qui représente un danger pour la santé. Effectivement, le sevrage complet est difficile et doit être un choix pris par le patient. Cependant, dans certains cas, celui-ci est impérativement nécessaire lorsque le patient présente une maladie sévère comme celle du foie, du pancréas et les maladies cardio-vasculaires.

Les signes de l’alcoolisme

Les principaux signes de l’alcoolodépendance sont :

  • une consommation au delà des repères recommandés
  • l’envie incontrôlée de boire de l’alcool
  • le besoin d’augmenter la quantité pour ressentir les effets de l’ivresse
  • la sensation de manque
  • l’impossibilité de gérer

Il existent des questionnaires qui aide à faire le point et à dépister une consommation d’alcool problématique : DETA, FACE, AUDIT.

Demander de l’aide

Vous avez des doutes quant à votre consommation d’alcool ou vous pensez qu’un de vos proches est alcoolique ? Demandez de l’aide ou des conseils auprès d’un Centre de Soins, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) ou contactez le service Alcool Info Service au 0 980 980 930.